Entièrement rénové en quelques mois, il accueille à présent une association de notaires de la région
Datant en partie du 18e siècle, l’ancien centre Mercator, bien connu des Hutois pour avoir abrité des banques (Fabry, Borsu, Nagelmackers) puis diverses professions libérales, a fait l’objet d’une rénovation complète. Nous avons pu le visiter.
Le centre Mercator, rue du Marché, est un bâtiment (en fait deux en un) remarquable de la ville de Huy. Datant pour une partie du 18e siècle, il est doté d’un escalier et de sols en marbre, de cheminées travaillées, d’un hall imposant en marbre aussi, de parquets en chêne et d’un plafond peint représentant des angelots et motifs floraux. Rachetée par cinq notaires de la région qui se sont associés (Simon Gérard et Frantz Gilmant de Huy, Vincent Dapsens de Marchin, Benoît Cartuyvels de Braives et Jean-Philippe Gillain d’Anthisnes), la bâtisse a connu de grandes transformations. Les éléments anciens précités ont été conservés, le reste a bien changé, comme nous avons pu le constater. « Le challenge était de réfléchir à comment mettre ce bâtiment de prestige au goût du jour, en répondant aux besoins actuels des travailleurs. Nous avons créé une atmosphère plus épurée, en gardant les éléments de cachet. Il y a un jeu sur l’éclairage, les couleurs, tout en sobriété et en qualité. Il fallait équilibrer les matières pour qu’on se sente bien : le marbre existant est très beau, mais froid, il faut dès lors le réchauffer avec du bois, dans les lampes, les lattes murales, etc. », explique Marie-Catherine Grosjean, architecte d’intérieur de Vaux-Borset. Le hall d’entrée est relativement identique, si ce n’est le miroir du fond qui a été masqué derrière des lattes en bois arborant le logo créé pour l’association de notaires « ENA » (Études notariales associées). Le hall principal a été débarrassé de ses fausses fougères, repeint et ceinturé d’une structure blanche lisse où les portes sont intégrées, surmontée d’un bandeau vitré. Trois suspensions aériennes ont été accrochées à différents niveaux. Le mobilier a été renouvelé aussi, avec des tables aux pieds boisés joliment imbriqués, une bibliothèque sur-mesure modulable, notamment. Le bâtiment dispose de près 1.000 m2 de bureaux (les deux actuellement loués compris). Celui au fond à gauche du rez-de-chaussée qui accueille six collaboratrices a été décloisonné, recloisonné pour créer un open space, avec une paroi vitrée qui laisse passer la lumière du jour. Des éléments amovibles en bois modulent ce grand espace et cachent tous les câbles. À la cave, la salle des coffres de l’ancienne banque a été préservée dans son état d’origine. Au premier étage, une porte a été creusée pour relier l’ancien et le « nouveau » bâtiment. Le revêtement de sol a été uniformisé par un vinyle tissé qui amortit les sons. La salle d’actes, la plus prestigieuse de la bâtisse, par sa grandeur et son plafond peint, va être « coupée » en deux par un vitrage et ainsi créer un bureau de notaire.
À l’extérieur, la plupart des fenêtres ont été repeintes, la toiture de l’ancien bâtiment a été refaite (ainsi qu’une petite partie de l’autre) et une entrée PMR a été percée à l’arrière.
Le chiffre 23
Le nombre de collaborateurs qui travaillent pour les quatre études qui se sont associées. Tous ont une possibilité de s’installer rue du Marché certains jours.
Ils ont fait appel aux artisans locaux
La particularité de ce chantier est d’avoir rassemblé différents artisans et entreprises de la région ou de Belgique. Il y a l’architecte d’intérieur, Marie-Catherine Grosjean, de Vaux-Borset. L’ébéniste hutois Marc Vanolande a réalisé toutes les tables de réunion travaillées. Les suspensions de lustres ont été adaptées spécialement par Artmaker, de Grivegnée. Le vinyle tissé vient de 2tec2, basé à Mouscron. Le logo « Ena » a été dessiné par un jeune designer Chucho, de Warnant-Dreye. La gestion du chantier, débuté en septembre et achevé avant la fin d’année (le déménagement a eu lieu le 1er janvier) a été confiée à l’entreprise villersoise Renov’Immo (menuiserie et parachèvement) qui a travaillé avec des sous-traitants de la région (comme LOMA Menuiserie, de Verlaine), une volonté des propriétaires.
